Par Jeff Jeffrey

C’est le 10 juillet 2001 que le champion du peuple, Éric Lucas remportait le titre WBC des super moyens face au Britannique Glenn Catley. D’une cinglante droite, Lucas a terrassé le Catman au 7e round propulsant ainsi le boxe québécoise dans un âge d’or sans précédent avec la trilogie Davey Hilton/Stéphane Ouellet (1998-2000). Lucas permis à la belle province de se développer le Québec en tant que plaque tournante sur la scène internationale du noble art.

Tout d’abord, Éric Lucas n’était pas prédestiné à devenir champion du monde. On ne lui attribuait pas le même talent que son frère d’arme, Stéphane Ouellet. Ce dernier sort victorieux du troisième et dernier affrontement contre Davey Hilton Jr et avait gagné par le fait même le droit de se mesurer contre le champion WBC des Super Moyens, Dingaan Thobela.
Malheureusement, Stéphane sera emporté par ses démons et c’est Davey qui l’a remplacé afin de défier le boxeur Sud-Africain. Hilton remporte cette couronne en décembre 2000. l’aîné du clan Hilton, qui fut le boxeur le plus talentueux techniquement de l’histoire du Québec se voit retirer le titre quelques mois plus tard dans le plus grand déshonneur. On connaît tous cette histoire.
Éric allait rapidement découvrir ce que le travail acharné, le courage et la confiance en soi peuvent faire pour influencer au mieux le cour de son destin. L’année 1996 sera un point tournant pour lui. Il s’incline honorablement aux mains de Fabrice Tiozzo et Roy Jones Jr, mais apprend largement de ses deux expériences. Si bien qu’en 1999, Lucas se retrouve en combat éliminatoire WBC des 168lbs contre Glenn Catley après avoir vaincu Alex Hilton. Dans un duel épique et compétitif, Éric Lucas subi la défaite par arrêt de l’arbitre à la 12e et dernière reprise.
Avec la couronne WBC vacante suite au procès de Davey Hilton, les astres s’alignent et Lucas retrouve Catley pour seconde de fois avec le titre à l’enjeu. Cette fois, Éric n’allait pas laisser l’occasion de se venger lui glisser entre les doigts. Il envoie son rival deux fois au tapis au 6e round et l’arrête ultimement le round suivant soulevant ainsi le centre Molson (aujourd’hui le centre Bell) et le Québec à la fois. Éric Lucas devenait champion WBC des super moyens.

Par cette victoire historique, on avait maintenant la conviction qu’il était possible de créer une dynastie de compétiteurs et de champions chez soi. De placer sa marque dans la grande histoire de la boxe moderne débutant avec sa légalisation par la reine Victoria 1er de la Grande-Bretagne et Sir John Douglas, le 9e Marquis de Queensbury en 1867. L’émergence de talents tels que Lucian Bute, Jean Pascal, Hermann Ngoudjo, Joachim Alcine, Adrian Diaconu, Leonard Dorin, David Lemieux, Adonis Stevenson, Eleider Alvarez, Artur Beterbiev, Marie-Eve Dicaire, Oscar Rivas, Kim Clavel et bien d’autres ont créer une légion de fans applaudissant leurs accomplissements.
En conclusion, la boxe québécoise connaît depuis quelques années un déclin dans sa popularité, si bien qu’on se demande si ces jours glorieux vont revenir. Bien que ce ne soit pas le cas en ce moment, on peut espérer et travailler dans un ce sens. Mais personne ne va oublier ce que Lucas nous a fait ressentir il y’a 25 ans.

